jeudi 8 mars 2012
Dédicace Guy Michel samedi 14 avril
mercredi 29 février 2012
The Zombies that ate the world - Jerry Frissen & Guy Davis
A
l’heure où les morts-vivants sont omniprésents sur
nos écrans et dans nos librairies, il est difficile de trouver
une histoire qui se distingue du lot.
C'est
pourtant le cas de cette bande dessinée puisque on y trouve
des zombies acceptés dans la société et qui
disposent de droits et de devoirs comme n’importe quel citoyen.
C’est
dans ce contexte relativement malsain que Karl Neard, sa sœur Maggie
et Freddy Merkx (dit « Le Belge », même
s’il déteste ce surnom) tentent de venir en aide aux
individus qui peinent à vivre harmonieusement avec leurs
congénères putréfiés.
Votre
grand père décédé empêche votre
famille de s’épanouir ? Ils arrivent.
Un
parti politique qui prône la suprématie des zombies
émerge ? Ils s’en chargent.
Et
tout cela en toute illégalité, évidement…
Bien
que réédité récemment, The Zombies that
ate the world a été initialement publié en 2004,
soit quelques années avant le phénomène avide de
chair lancé par The Walking Dead.
Référence
assumée aux films d’horreurs, Jerry Frissen s’amuse à
tourner en dérision les clichés du genre, en conférant
aux revenants une conscience et une volonté d’intégration
qui renforcent l’absurdité de l’histoire.
Des
cocasseries qui favoriseront l’amusement de quiconque souhaite voir
ce qu’il advient quand des zombies décident d’envahir une
maison (façon La nuit des morts-vivants de Romero) uniquement pour palier à l’ennui de leur quotidien.
Olivia
Scénario : Jerry Frissen
Dessins : Guy Davis
Éditeur : Humanoïdes Associés
One shot : 14.20 €
mercredi 22 février 2012
Freak's Squeele - Florent Maudoux
Modèle
fun et débridé du label 619 d'Ankama, déjà responsable de la série Mutafukaz,
Freak's
Squeele
nous amène album après album dans un déluge d'inventions, de
beauté graphique et de bonne humeur communicative.
Et c'est toujours
sous la forme d'un gros pavé de près de 150 pages, dont une poignée
en couleurs que nous revient la série.
« Imaginez
un monde où il existerait des universités formant les futurs
justiciers masqués à gérer à la fois leurs supers pouvoirs mais
aussi à maîtriser leur image dans les médias ».
Eh bien ne cherchez plus...cet univers, c'est celui de Freak's Squeele, avec à sa tête un trio de derniers de la classe : Ombre, l'homme-loup discret dont émane une force tranquille, Chance la démonette pétillante et malicieuse et Xiong-Mao la charismatique et fan d'arts martiaux.
Florent
Maudoux
(dessinateur et scénariste) est indéniablement un de ces
nouveaux artistes de talent capable d'exposer sur chaque page un
mélange habile entre le manga et le comics. L'auteur utilise de surcroît
une mise en scène savamment construite
et rythmée qui colle à merveille avec les aventures complètement
bordéliques (osons le terme) de notre trio de héros qui pratique
autant la baston que les joutes de vannes en groupe.
Mais
fini les digressions, revenons à l'histoire, car Freak's
Squeele c'est
aussi un scénario. Celui-ci se présente comme un immense patchwork
culturel et
multi
référencé en parodiant aussi bien des sagas adolescentes (on pourrait citer par exemple Harry
Potter) que des films de genre aux allures de séries Z, absolument jubilatoires et complètement nanardesques.
Au final, Freak's Squeele va dans le sens d'un pure divertissement, sans aucune autre prétention que de fournir à ses spectateurs un bon moment de blockbuster pop-corn.
Scénario & dessins: Florent Maudoux
Éditeur : Ankama
Série en cours (5 tomes parus) : 14.90 € l'unité
Réédition du tome 1 ( couleur) : 11.90 € l'unité
Le Réseau Bombyce – Corbeyran & Cecil
A
l’occasion de sa publication récente en intégrale (qui regroupe les 3 tomes), il
est difficile de ne pas parler de cette série tant elle fut prisée à sa sortie dans les années 90.
Nous
faisons dans cette dernière connaissance avec Mouche et Eustache.
Le premier est un nain réservé, le second un grand dadet qui
babillarde à toute heure.
Des
différences qui peuvent s‘avérer utiles lorsque l’on fait
partie d’une guilde de voleurs où la complémentarité est un
atout pour le bon déroulement des larcins. Ainsi l’un peut faire
le guet ou entuber ses victimes avec éloquence pendant que le
second se faufile sournoisement sur les lieux du crime à pas de
loup.
C’est
après avoir sollicité ces compétences pour délester un bourgeois
bordelais d’un coffre-fort et d’un carnet que les problèmes
commencent pour eux.
Ledit
bourgeois est bien déterminé à récupérer ses biens… d’autant
plus que le coffre contient la bobine d’un "snuff movie" mettant en scène
le meurtre d’une prostituée en pleine prouesse. Un objet qui
risque de compromettre plus d’une personne, si nos deux
protagonistes en révèlent le contenu.
On
se retrouve rapidement immergés dans cette enquête funeste dont
l’ambiance typique du début du XXe siècle n’est pas sans
rappeler un roman de Jules Verne.
L’essor
de l’ère industrielle se fait d’ailleurs ressentir dans les
dessins de Cecil exposant les décors ou les gadgets employés par
Mouchet et Eustache.
Deux
héros dont la personnalité apportera une note d’humour non
négligeable pour contraster avec l’insalubrité de l’intrigue.
C’est
un univers entier que nous livrent Corbeyran et Cecil.
Un
monde riche, aux allures « steam punk » où
Bordeaux n’est pas vraiment réputé pour ses cannelés.
Olivia
Scénario : Corbeyran
Dessins : Cecil
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Série terminée (trois tomes parus) : 13,10€ l'unité/39.98€ l'intégral
Premier tome paru le 03/11/1999
mercredi 15 février 2012
Le voyage de Ryu - Shotaro Ishinomori
Comment
parler du manga Le voyage de Ryu sans avant tout s'intéresser
à son auteur Shotaro Ishinomori?
Véritable maître du manga au Japon, il commence sa
carrière en tant qu'apprenti du très respecté
Osamu Tezuka. Sa première série Cyborg 009,
publiée en 1964, est un véritable choc au japon.
Mélange d'univers de SF et de super héros, le succès
est immédiat et annonce une longue série de chefs
d'oeuvres tels que Sabu et Ichi, Hokusai ou encore l'oeuvre
qui nous intéresse aujourd'hui: Le voyage de Ryu.
Dans
un futur proche, un jeune homme plongé en hibernation dans
l'espace se crashe sur une planète inconnue, recouverte de
forêts, de déserts et peuplée de créatures
étranges. Bien vite le jeune homme nommé Ryu s'aperçoit
avec effroi que cette planète hostile est en réalité
la Terre...
Dans
ce monde redevenu sauvage, le voyage de Ryu commence. En quête
de réponses et d’hypothétiques coupables, son périple
l’amènera aux frontières du monde et de l'esprit. Sur
son chemin vont aussi se multiplier les
rencontres et les découvertes, toutes plus surprenantes et
contradictoires les unes que les autres: robots, végétaux
carnivores, humains ou mutants.
Ce
foisonnement d'idées, à la croisée des thèmes
de la SF et du thriller contemporain sont la grande force de Shotaro
Ishinomori.
En
s’intéressant aux comportements humains et à la
sauvagerie qui les animent, Ishinomori construit tout un univers où
le lecteur se laisse manipuler (comme les acteurs de son manga),
constamment plongés dans une abîme sans fond où
bon nombre de mystère resteront inexpliqués.
Tout
au long des mille sept cent pages qui composent Le
voyage de Ryu, l'auteur confronte
son personnage à ses propres doutes en se demandant comment
l'Homme peut il autant exceller dans l'art de son autodestruction.
Précurseur
du manga moderne aux thématiques adultes, le graphisme de
l'auteur est lui aussi tout à fait atypique. En croisant des
décors grandioses très détaillés avec des
personnages aux styles simplistes, l'auteur réussit à
créer une atmosphère remplie de contradictions où
la solitude et la lutte pour la survie sont les seuls repères
qu'un homme du futur peut espérer dans un monde devenu fou.
Avec
cinquante années d'avance, Shotaro
Ishinomori crée
simplement l'une des plus grandes œuvres de SF jamais réalisée
en manga. Enfin réédité en France récemment
en cinq volumes, Le
voyage de Ryu est
tout un indispensable de la culture manga.
Clément
Scénario & dessins: Shotaro Ishinomori
Éditeur : Glénat
Série terminée (5 tomes parus) : 10.55 € l'unité
Tony Chu - John Layman et Rob Guillory
Le
genre d’individu qui ne peut porter un aliment à sa bouche
sans retracer mentalement le cheminement propre à celui-ci.
Oui, Tony Chu est cibopathe.
Déguster du bœuf lui est difficile, par exemple, car il visionnera aussitôt l’animal naitre, vivre un minimum, puis se faire trucider à l’abattoir pour atteindre l’état de steak qui trône dans son assiette. Aussi son régime alimentaire se compose principalement de betteraves, un légume apparemment inoffensif pour sa psyché.
Oui, Tony Chu est cibopathe.
Déguster du bœuf lui est difficile, par exemple, car il visionnera aussitôt l’animal naitre, vivre un minimum, puis se faire trucider à l’abattoir pour atteindre l’état de steak qui trône dans son assiette. Aussi son régime alimentaire se compose principalement de betteraves, un légume apparemment inoffensif pour sa psyché.
Si
son pouvoir ne lui permet pas de jouir pleinement de son sens
gustatif, il s’avère précieux dès qu’un
meurtre est de mise et qu’il reste suffisamment de chair à
mâchouiller sur le cadavre pour en retrouver l’origine et
tenter d’identifier l’assassin dans la foulée. Les
hautes autorités l'affecteront conséquemment sur plusieurs
affaires un peu douteuses dans un contexte de grippe aviaire où
la consommation de poulet est prohibée.
Lauréat
du prix de « La meilleure série régulière »
aux Eisner Awards (l'équivalent américain du festival d'Angoulême) en 2011,
le comics marque avant tout par son originalité.
Outre
un concept de base novateur qui se joue des ingrédients
propres aux histoires de super-héros,
il comporte un scénario dont l’intérêt ne
faiblit pas au fil des volumes, grâce à une multitude
d’intrigues qui gravitent autour de l’enquête principale.
Entre un partenaire aux membres robotisés et une critique
gastronomique à la verve prononcée, l’auteur fait
également la part belle aux personnages secondaires en leur
attribuant des personnalités marquantes, voire d’autres dons
hors du commun.
John
Layman détourne gentiment les codes du genre et en fait un
récit déjanté et sanglant mis en valeur par le
dessin cartoonesque de Rob Guillory. Un tandem fatalement drôle.
Olivia
Scénario : John Layman
Dessins : Rob Guillory
Éditeur : Delcourt
Série en cours (trois tomes parus) : 14.95 € l'unité
Troisième tome paru le 01/02/2012
jeudi 9 février 2012
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